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Regards sur la Bosnie:de Sarajevo à Dubrovnik
Fruit de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, l’Etat de Bosnie-Herzégovine est un espace de montagnes peuplé de 3,8 millions d’habitants. Principales cibles de la guerre de 1991-1995, les villes de Sarajevo et de Mostar ont été détruites dans une logique que Drago Roksandi qualifie d’urbicide, dans le sens où la guerre a détruit les lieux, urbains, qui ont le plus contribué aux modernisations sociales, culturelles et économiques, ayant y compris profité aux serbes de Bosnie-Herzégovine.

Si l’image d’un pays en guerre reste associée à la Bosnie, la paix est pourtant bien installée. Les tensions inter-religieuses, venant doubler les tensions géopolitiques, s’estompent peu à peu, même si le système éducatif tarde parfois à « rassembler » les uns et les autres autour d’un programme scolaire reconnu.

Pilier du P.I.B bosnien, le tourisme attire toujours plus de population des pays voisins (croates, italiens et allemands), transformant rapidement les grandes villes, à l’image de Mostar en Bosnie, et surtout Dubrovnik, en Croatie. Trop rapidement peut être, à l’image du classement en urgence de « Dubro » au patrimoine mondial de l’UNESCO pendant la guerre, qui a peut être prévalu sur une pensée plus profonde sur l’héritage de la « Perle de l’Adriatique ». Aujourd’hui, les quelques plages lovées sur les littoraux rocheux sont privatisées par les nombreux hôtels, et les plages publiques sont très tôt envahies dans la journée. Dans le petit centre historique de « Dubro », l’intelligibilité de l’Histoire du lieu n’apparaît pas facilement comme peut la faire apparaître sa grande soeur, Venise.

Loin à l’intérieur des côtes, Sarajevo vit aussi pour beaucoup du tourisme, mais on est loin des prix élevés et des pratiques consuméristes du tourisme de masse. Pratiques résidentielles et touristiques se côtoient, donnant lieu à une authenticité propice aux échanges et aux rencontres. Dans cette ville jeune et festive l’été, on est vite envouté par les charmes de Sarajevo.

Saisie dans son ensemble, Sarajevo apparaît comme une ville divisée en plusieurs ensembles homogènes, où les destructions de la guerre ont composé des paysages urbains de pleins et de « vides ». La ville est structurée en longueur par le cours d’eau Milijacka, ainsi qu’une grande voie structurante « ouest-est » qui accueille les flux de circulations automobiles ainsi qu’une ligne de tramway. Au centre, un quartier « moderne» occupé par des logements et diverses activités tertiaires, côtoie un centre historique bas alternant restaurants, activités artisanales et touristiques, dont la fameuse « Place aux pigeons » dont on espère qu’elle ne devienne pas un jour la « place des pigeons » en mal de d’aimants magnétiques pour frigos et autres souvenirs bons marchés. A l’ouest, sur le chemin de l’aéroport, le quartier de grand ensemble construit sous l’époque de Tito est un « évènement » urbain fort : les façades des tours marquées par les impacts de balles et d’obus donnent à voir les séquelles de la guerre. On retrouvera encore ces impacts de balles sur les murs des bâtiments du centre historique et de la grande périphérie. Au-delà, vers le nord et le sud, la ville monte sur les versants montagneux, où un habitat individuel de qualité prédomine, et où les ruelles étroites et sinueuses offre un rapport onirique entre public et privé.

Les perspectives d’avenir pour les bosniens sont européennes, et l’arrestation de Radovan Karadzic en août 2008 contribuera à accélérer encore le processus d’adhésion. Au sortir de la guerre, la soif de paix de la Bosnie est forte, à l’image de l’Espagne post-franquiste dont les oppressions politiques et religieuses ont été exorcisées par une pratique de la fête importante. Dans cette perspective, le champ des possibles ouvert par la reconstruction de Sarajevo est immense: le quartier de la gare entouré d’espaces vacants et dont on imagine qu’il pourrait constituer une nouvelle centralité de la ville (un quartier d’affaire ?); les rives du grand axe de circulation « ouest-est », qui offre des possibilités de densification importante; ou encore le rapport de la ville au fleuve, pauvre en mobilier urbain et en aménagements paysagers…

Photographies: Alexandre Laignel

SARAJEVO, BOSNIE-HERZEGOVINE

La colonne vertébrale de la ville, voie de circulations automobiles

et de tramway

Ancienne infrastructure des Jeux Olympiques d’hiver de 1984

Bâtiment ravagé par la guerre de 1991-1995

Quartier du centre-ville, rive gauche

Image d’une tour marquée par deux impacts,

à l’ouest de Sarajevo

No comment

Tour

Tour en fin de construction, quartier de la gare

Habitat individuel sur les versants en périphérie de Sarajevo

MOSTAR, BOSNIE-HERZEGOVINE

Magasin de produits alimentaires. La grande distribution

alimentaire est très peu présente en Bosnie; les enseignes de restauration rapide

emblématiques de la mondialisation sont absentes.

Le grand pont de Mostar. Maintes fois détruit pendant la guerre opposant à Mostar

quartier croate-chrétien et quartier musulman,

il a été reconstruit tel quel. Il est aujourd’hui classé patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le minaret, élément visuel typique des paysages urbains et ruraux.

Quartier périphérique de Mostar, 3h00 du matin.

DUBROVNIK, CROATIE

Plage publique de Dubrovnik

Vue sur le port de Dubrovnik. A gauche, un bateau de plaisance.
Amarré au quai d’embarquement, un ferry de croisière.

Un regard d’aujourd’hui sur Sarajevo qui a donné lieu à un livre:

« Sarajevo aujourd’hui« 
par Aurélie Carbillet.

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