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Vers la mise à mort du parking urbain ? / Ou le parking du 21ème siècle

AUX ORIGINES DE L’ANTI-AUTOMOBILISME / VIEUX CLICHES …

L’automobile est « dévastatrice » pour la ville – « La bagnole a envahi Paris […] et demain elle exigera qu’il soit détruit » – et elle produira une société où elle gagnera l’espace public au détriment de la vie de la Cité « La place, l’agora où s’élaborait l’opinion, n’est plus qu’un cyclone de moteurs que domine encore le dernier citoyen : le flic. Paris n’est plus ; ce n’est pas Hitler mais Renault qui l’a détruit ». Penseur des courants anti-industriels et de la décroissance, Bernard Charbonneau dessine en 1967 dans son ouvrage « L’Hommauto » une opposition terrible à la voiture.

Les discours anti-automobilistes farouchement anti-industriel des années 1970 ont évolué et se sont transformés, pour trouver des échos au delà même des cercles libertaires, et enfin commencer à s’installer au sein d’une société civile qui en vient à utiliser ces outils d’aménagement pour limiter voir contraindre la place de la voiture en ville.

L’innovation voiture n’est plus rejetée, mais elle a laissé la place à un rapport nouveau entre l’usager et la voiture. Car si la voiture n’a pas perdu de sa qualité et de son don « d’ubiquité », les usages de ce mode de transport coûteux sont en train de se rationaliser toujours plus.

LE PARKING DU POINT DE VUE DES POLITIQUES PUBLIQUES : UN « OUTIL DE RÉGULATION » DE LA VOITURE

L’urbanisme ultra-dense du Paris haussmannien – et ses aménagements récents qui en sont faits – ont permis le développement d’un réseau de transports en commun sous-terrain important, qui a permis de répondre – en surface – aux exigences de la mobilité automobile en milieu urbain, au côté des taxis et autres bus.

Les orientations prises par les derniers documents réglementaires (Plan de déplacements de la région Ile-de-France, et Plan local d’urbanisme) posent toutefois des contraintes particulièrement fortes à destination de cette voiture, et de son stationnement, le parking, qui est désigné comme un « moyen de régulation » du trafic automobile, générateur d’émissions de gaz à effet de serre dont la quantité doit être diminuée, conformément aux objectifs fixés lors du Protocole de Kyoto puis de ses différents avatars.

Le Syndicat des Transports d’Ile-de-France base ainsi son Plan de déplacements urbains sur la base d’un objectif d’une augmentation de 20 % des déplacements en transports collectifs, de 10 % en vélo et à pied, et d’une diminution de 2 % des déplacements en voiture ou deux-roues motorisés.

Les 3 principes d’actions retenues pour y parvenir sont :

-         La limitation des nuisances dues à l’usage des modes individuels motorisés, et tout particulièrement améliorer la sécurité routière ;

-         Là où des alternatives à la voiture existent, limiter l’usage de cette dernière en agissant sur les leviers disponibles (stationnement, partage de la voirie plus favorable aux autres modes).

-         Là où la voiture restera encore longtemps incontournable, développer les usages partagés de la voiture et mieux utiliser les capacités routières existantes.

Le stationnement est un outil de régulation central dans la mise en œuvre de cet objectif de régulation des motorisés individuels : dans les espaces publics – stationnement sur voirie ou parkings publics, Délégation de services publics et concessions – les pouvoirs publics définissent un nombre de places publiques disponibles, et ils régulent les tarifs. Dans les espaces privés, logements et bureaux, le stationnement est régulé par la définition d’un nombre respectivement minimal ou maximal de places aménageables par tranches de surfaces aménagées.

La remise en cause du droit à l’automobile questionne les usages « traditionnels »… :

-         Le stationnement au domicile doit être permis à son domicile.  Mais le modèle de la riveraineté est il vraiment le seul ? Et le stationnement collectif est-il une alternative crédible ?

- L’usage de la voiture pour les déplacements pendulaires doit être limité à quel sera le stationnement automobile à l’abord des gares ? Le parking dans les chaînes de déplacements a-t-il des perspectives ?

-         L’occupation de l’espace public par la voiture en stationnement, notamment deux-roues motorisés sur les trottoirs, doit être limitée à quel sera le stationnement moto de demain ?

… et ses traductions juridiques :

-         Adapter la réglementation du stationnement sur voirie, notamment en centre-ville à les secteurs mixtes et sa foultitude d’usages doivent être gérés par des solutions innovantes ! résidentiel, activités, chalandise, livraison, quartiers de gare…

-         Adapter la réglementation au stationnement le long des axes de transport collectifs de surface en allouant à ces derniers une part suffisante de l’espace public afin de garantir leur vitesse et leur régularité à réinventer le report modale voiture/transports en commun

-         Offrir plus de places de stationnement spécifiques aux deux-roues motorisés pour éviter qu’ils encombrent les trottoirs à les attirer dans les parkings !

A côté des mesures liées au stationnement, la stratégie en matière de sécurité routière amène des redéfinitions de l’éducation, de la pédagogie et de la notion de partage de la voirie et de l’espace public.

Si la prévention des comportements à risque comme l’alcool ou la fatigue est préconisé, ou encore de meilleurs contrôle de la réglementation, les objectifs de diminution des vitesses de circulation en milieu urbain ou d’aménagement de traversée des agglomérations en espace rural réinterroge le lien entre ville et mobilité.

Enfin, le découplage entre usage est possession de la voiture poursuit la voie des innovations multiples dans le domaine : Plans de déplacements entreprises, sites Internet et logiciels de covoiturage… voir parfois à l’innovation encore non-explorée à Paris : avantage au stationnement pour les covoitureurs dans les parcs relais ; facilitation du regroupement des covoitureurs par la réalisation d’aires de covoiturage ; donner au véhicules covoitureurs des avantages dans la circulation sur le réseau magistral.

REVUE DES CRITIQUES CONTRE LES PARKING DE 2012

Si les espaces de stationnement automobile sont depuis longtemps la cible des tenants de l’écologie politique, la critique qui s’exprime aujourd’hui à leur encontre dans le cadre du développement durable est beaucoup plus globale. Ainsi, à la question environnementale, se greffent des interrogations sur la qualité de ces espaces, leur intégration à l’espace urbain, leur convivialité, leur créativité.

Cette critique renouvelée s’exprime notamment à l’occasion de l’opération « PARK(ing) DAY », événement mondial ayant lieu chaque 3ème week-end de septembre depuis 2005. A cette occasion, tous les citoyens sont invités à venir occuper et transformer de manière temporaire une place de stationnement automobile, sous le slogan « Réappropriez-vous votre ville !  ». D’autres florilèges d’initiatives dans ce sens se développent encore dans ce sens.

Au-delà de l’aspect ludique de l’événement, la dimension critique est bien présente. Les principaux reproches adressés aux espaces de stationnement automobile, tels qu’ils sont conçus et/ou perçus aujourd’hui, sont les suivants :

-        espaces non écologiques

-        espaces non conviviaux et ne favorisant pas les rencontres

-        espaces inesthétiques et non créatifs

-        symboles d’un urbanisme technocratique « top-down »

-        symboles d’un modèle de ville inadapté aux enjeux futurs

-        une plaie au patrimoine urbain

-        un espace hostile au piéton et aux personnes à mobilité réduite vulnérables ou vulnérables

-        et enfin, la place de stationnement urbaine est devenue très rare, donc très chère !

Bien qu’elle jouisse d’un important relais dans les médias et dans l’opinion, la portée réelle de cette initiative est sans doute à relativiser. Néanmoins, c’est la légitimité même des espaces de stationnement qui se retrouve ainsi questionnée, et leur présence à moyen et long terme qui est potentiellement remise en cause.

Dès lors, les acteurs privés en charge du stationnement se doivent, sous peine de voir leurs projets se confronter à une opposition grandissante, de répondre aux attentes citoyennes telles qu’elles s’expriment à travers ce genre d’initiatives.

« Comment faire de ces espaces de stationnement, aujourd’hui souvent perçus comme étant des « non-lieux  », des espaces conviviaux, innovants et de services, adaptés aux attentes collectives et individuelles des parisiens du XXIe siècle ? »

LE PARKING URBAIN VRAIMENT MENACE ? LES CHAMPS DES POSSIBLES AUX DEFIS DU 21ème SIECLE POUR UN PARKING VIVANT

Non. En réalité on n’a jamais arrêté de réfléchir à la question de la place de la voiture en ville, même avec le litre d’essence approchant les 2 euros. Série d’initiatives critique sur le sujet.

1- « Inscrire le parking dans le territoire » (ou le parking inscrit dans la ville parisienne et ses hautes densités, ses commerces, ses modes de transports, etc…)

Innovation 1.0 « L’inscription du parking au cœur de son territoire » - Opposer enfin le parking « hors-sol », inhumain, tiers-lieu, à un parking au cœur de la Ville. Le parking n’est plus la « fin du trajet » lugubre, c’est le lieu de départ de parcours piétonniers.

Le vieux modèle de la « riveraineté » - garer sa voiture devant chez-soi (voir chez-soi) – paroxysme de l’intermodalité est aujourd’hui juste applicable aux territoires peu denses. Pour autant il ne faut pas laisser à la froideur le territoire du stationnement.

Aussi la conception du parking souterrain (ou aérien) paraît oublier totalement qu’il est situé en milieu urbain, déconnecté de son environnement et de ses réalités.

2- La sortie du parking : quand l’automobiliste devient marcheur et riverain d’un quartier (et vice-versa)

Innovation 2.1 « Apaiser les ruptures de charges voiture/piéton grâce à l’information usager » - Intégrer les nouveaux systèmes de calculs d’itinéraires genre tables tactiles (exemple de La Défense), « fiches orientations » papier ou électronique (application). On n’est évidemment pas obligé de s’arrêter au Smartphone, et le l’édition d’itinéraires complets sur papier est toujours très utilisée par les usagers.
Innovation 2.2 « Des informations sur les actualités du quartier imprimés sur les tickets de caisse»  - La machine de paiement génère sur le ticket des réductions pour les commerces à proximité immédiate du parking.

3- Trouver (et réserver) sa place de parking à l’avance
Innovation 3.1 « Ne plus perdre de temps à chercher sa place » - Outre-Atlantique, l’innovation existe déjà et permet de savoir les disponibilités réelles des parkings, et surtout de réserver une place. En France, les applications s’appellent Place’Lib ou Apila.

http://www.parkwhiz.com/

Mais concrètement, la mise en œuvre de cette solution sur voirie n’est pas si aisée, même si les chiffres semblaient pourtant donner raison (160 000 stationnements sur la voirie à Paris, mais seulement 25 000 occupées toute la journée par les mêmes véhicules) comme le souligne le journaliste du Monde Olivier Razemon s’appuyant sur les chiffres du Certu. En outre, le mécanisme suppose d’actionner un smartphone au volant ? ».

http://transports.blog.lemonde.fr/2012/09/14/se-garer-a-laide-de-son-smartphone-cest-pas-gagne/#xtor=RSS-32280322

4- Favoriser l’autopartage dans les parkings

Innovation 4.1 « Créer des aires d’autopartage » A l’occasion de la Semaine Européenne de la Mobilité Durable, organisée du 16 au 22 septembre par le Ministère de l’Ecologie, la Saemes et CityzenCar reviennent sur leur démarche d’autopartage.

http://www.saemes.fr/actualite_parking/cityzencar.php

Innovation 4.2 « Nouer des partenariats avec les facilitateurs de l’autopartage (ou le devenir) » Les fréquentations croissantes des sites d’autopartage et leurs évolutions récentes (intégration de modes de paiements, etc) indiquent l’activité importante dans cette niche.

5- Coworking spaces : les lieux de travail collaboratifs de demain
Innovation 5.1 « Le parking devient le lieu de travail » Les parkings peuvent s’associer avec des nouveaux types de lieux en émergence que sont les « coworking spaces » (lieux de travail collaboratif). Le problème de ces lieux là tels qu’ils existent actuellement c’est que même s’ils visent à réduire les déplacements, les atteindre oblige à prendre la voiture et à ne pas trouver de place à proximité… Ici le problème est résolu : le parking EST le lieu lui-même.

Contrainte forte à l’innovation : la loi LAURE qui cadre fortement les activités au à l’intérieur des lieux cloisonnés.

Innovation 5.2 « Equiper les parkings en 3G » Le WIFI n’est pas le seul accès à l’Internet. Le 3G est au contraire plus souple d’accès pour le smartphone, car il s’y connecte automatiquement. La RATP mise sur l’accès au 3G amélioré dans son réseau de transport.

6- Les conciergeries de parking et autres services hauts de gamme

Innovation 6.1 « Conciergerie de parking » A l’instar des conciergeries d’hôtels de luxe, on pourrait imaginer une conciergerie de parking adressée au cœur de cible des usagers des parkings Vinci. On ne se limite plus à du service anecdotique (« je te prête un parapluie »), mais à des services plus fins et plus pratiques.

Les anglos-saxons ont beaucoup développé ce système pour leurs entreprises établies en suburb. En France, ce principe peut s’incarner dans un lieu comme le Stade de France.

http://www.journaldunet.com/management/0606/0606139conciergerie.shtml

Vinci Immobilier utilise déjà des conciergeries

http://www.vinci-immobilier.com/residentiel/pages/programme/fiche.php?s_wbg_menu=4&l=fr&s_code=03361

Innovation 6.2 « Les crèches de parking » On peut également imaginer des crèches sur  ce même modèle !

Contrainte forte à l’innovation : la loi LAURE qui cadre fortement les activités au à l’intérieur des lieux cloisonnés.

Innovation 6.3 « Les panneaux d’achat » Les courses au supermarché avec son smartphone grâce à un tableau à flash codes

http://www.cojt.fr/e-commerce/multicanal/ => l’exemple de la Corée du Sud, premier innovateur en la matière.  Voir également l’innovation de Carrefour à Lyon.

7- Le stationnement dans la nuit urbaine : en finir avec l’image anxiogène des parkings

Innovation 7.1 « Une autre image du parking » Le stationnement automobile se vit il pareillement dans le contexte de la nuit urbaine ? Souvent perçue sous le prisme de la peur et de l’anxiété, c’est peut être au regard de nouvelles forme

Les projets des plus créatifs pourraient être envisagés : boite de nuit éphémère, accueil d’exposition d’art contemporain

Là encore, beaucoup d’initiatives ont déjà été menées.

8- Le parking et le transport de marchandises

Le fret urbain est le sujet porteur en terme d’innovation. Paris est au cœur d’enjeux centraux et qui font l’objet de prospectives nombreuses de la part de nouveaux acteurs de la mobilités : RATP, commerces de vente en ligne, la « Petite Reine » et sa flotte de vélos triporteurs, mais aussi ceux qu’on appelle « les rêveurs » sociologues, urbanistes, économistes.

Innovation 8.1 « Le point relais » venir chercher ses colis commandés, mais aussi déposer des colis pour les faire livrer par un coursier

Innovation 8.2 « Biblio’Lib»

Innovation 8.3 « Consignes d’envoi/et réception de petits colis » Equipés d’une flotte de vélos-triporteurs, cette consigne permettrait l’acheminement de différents types de colis dans Paris.

Figure 1 Zones Urbaines de Grands Services Urbains (en orange), Direction de la Voirie et des Déplacements, Agence de la Mobilité – Usagers et Marchandises, mai 2008

9- Véhicules électriques, à petit gabarit, deux roues motorisés… les voitures du 21ème siècle et ses nouveaux besoins en parking

La loi ZAPA prévoit notamment l’interdiction de circulation de certains types de véhicules en centre-ville. Plus généralement, elle inscrit et traduit le mouvement d’évolution de l’objet voiture. La création de places de stationnement adaptés aux nouveaux véhicules (électrique, types smart) peut engendrer des modifications importantes voir lourdes de la conception des parkings. Dimensionnement des places de parkings, accès à de nouveaux services…

Innovation 9.1 « Dimensionnement des places » S’adapter aux nouvelles normes à venir

Innovation 9.2 « Le parking, station-service du 21ème siècle » Entretenir son véhicule, le recharger, le nettoyer

10- Les parkings, vers une nouvelle idéologie constructiviste ?

Les défis de répondre au stationnement en milieu de hautes densité trouvent des expressions magistrales dans les antres de l’innovation automobile mondiales que sont l’Allemagne et l’Asie du Sud-Est

Innovation 10.1 « Le balcon-parking » A Berlin, un parking à part entière, à l’ingénierie compacte et symbole de la halte automobile au cœur des villes au foncier rare : un modèle d’un parking futuriste !

http://www.thecoolhunter.net/article/detail/605/volkswagens-new-car-expe

Innovation 10.2 « La tour à automobile » A Wolfsburg, la tour à automobile, pour compacter le véhicule dans l’antre de la terre

Innovation 10.3 « L’ascenseur à automobile » A Singapour, l’ascenseur à automobile permet de garer sa voiture jusque dans son salon

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/08/28/a-singapour-les-voitures-se-garent-dans-le-salon_1751972_3234.html

11 – La boutique « MOBI’Store »

Innovation 11.1 « MOBI’Store » Une des conséquences concrète du glissement vers le développement de l’ensemble des services urbains. Le comportement des consommateurs à l’égard de la voiture a changé et la notion de service à la mobilité s’est répandue.

Un concept de magasin en « Face to face », au cœur des espaces de vie des parisiens. Une revalorisation ambitieuse à l’image du service urbain du 21ème siècle.

Innovation 11.2 « Panier fraîcheurs en sortant du travail » Les services proposées pourraient aller jusqu’à des paniers fraîcheurs.

http://malignel.transilien.com/2012/06/25/des-paniers-fraicheur-en-gare/

12 – Retrouver son véhicule sans stress ! Puis quitter le parking (et pas seulement avec son Smartphone !)

Innovation 12.1 « La balise GPS/3G/Edge d’emplacement de voiture » Retrouver la voiture perdue dans le parking

Innovation 12.2 « Le ticket d’orientation » Lors du départ, le parking mettra à disposition via le ticket de paiement des guides d’orientations suivant la destination choisie par l’usager

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