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L’Humanité, 24 novembre 2008, « Au Petit-Colombes La Marine laisse place à un écoquartier »

Adossé au boulevard Charles de Gaulle à Colombes, à 5 minutes de La Défense, le site de « La Marine » vit une nouvelle mutation. Depuis juillet dernier, les pelleteuses s’activent, avec pour objectif de détruire l’un des bâtiments emblématiques de l’industrie aéronautique, l’usine Amiot1. Le début des travaux du tramway T2 avait accéléré le besoin de penser un projet urbain, au coeur d’un territoire longtemps considéré comme un lieu de rejet de ce que Paris ne voulait pas : logements sociaux, centre d’accueil des sans-abris, industries.

La nouvelle donne politique, avec la victoire de la gauche, menée par le socialiste Philippe Sarre, aux dernières municipales, a relancé la réflexion sur le devenir des lieux. Jacques Grossard, directeur de la CODEVAM en charge de l’aménagement du site pour la ville, explique que le nouveau projet est né de « la prise de conscience de la nouvelle équipe qu’il faut passer aux actes sur l’écologie ». Le terrain de 4 hectares constitue de ce point de vue « une réelle opportunité ». Cinq grands axes guideront la conception de l’écoquartier : desserte propre avec le tramway, gestion de l’eau intelligente, collecte des ordures, construction de bâtiments économes en énergie, et chauffage solaire. « La démarche écologique ne doit pas être élitiste », précise Jacques Grossard, expliquant la démarche de concertation menée par la Ville. Un comité de pilotage associant les habitants s’attachera à assurer la prise en compte des spécificités du territoire, pour réfléchir à de nouvelles manières d’intégrer la dimension historique au nouveau projet. Aux « Bruyères », dans la ville voisine de Bois-Colombes, on a ainsi conservé une soufflerie pour l’édification de la façade d’une école. A Nanterre, on a misé sur la réutilisation des matériaux et couleurs rappelant le bâti original pour la construction de nouveaux bâtiments ou le parc pour des aménagements paysagers.

La disparition totale de l’ancienne usine suscite l’amertume chez les acteurs du patrimoine à Colombes, comme l’Association des Amis du musée de Colombes. En effet en 1997, la mairie PCF avait avancé un projet conçu par l’architecte Philippe Robert, basé sur la qualité architecturale d’une partie du site et le maintien dans les murs du musée des transports. Une esquisse qui prévoyait aussi l’ouverture d’un parc sur le boulevard, et la création de logements et de bureaux. Malgré la solidité du projet, la passage de la mairie à droite en 2001 avait tout stoppé net. Qualifiée de « vieilleries », la collection de bus était alors promise à un déménagement sans gloire, et la destruction du bâtiment définitivement scellée.

Du fait de la proximité de La Défense, le financement du projet devrait être assuré par les promoteurs, malgré le contexte économique. Les travaux ayant déjà débuté, le nouveau quartier devrait sortir de terre en 2011, en même temps que le tramway.

Photographies: Alexandre Laignel

1En 1916, l’ingénieur Félix Amiot installe son usine d’aéronautique à Colombes et investi dans la sous-traitance et l’innovation. Dans le quartier, bars et brasseries sont animés par les ouvriers. Les années 1930 sont plus délicates, l’usine ayant du mal à faire face à de trop nombreuses commandes. Puis, pendant l’Occupation, Amiot produit des junker 52 allemands, malgré les actes de sabotages. Après la guerre, l’armée rachète le site, pour en faire un site de stockage et de gestion du personnel. Le musée des Transports y installe sa collection de bus et tramways en 1997.

Article écrit pour le journal « l’Humanité » – http://www.humanite.fr/2008-11-24_Societe_Au-Petit-Colombes-la-Marine-laisse-place-a-un-ecoquartier


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